Lettre ouverte d'A.Bolla(PCF) pour une véritable politique du logement

Publié le par carratala

Monsieur le Préfet
Boulevard 112ème Régiment d’Infanterie
83000 TOULON
Monsieur le Président du Conseil Régional
Monsieur le Président du Conseil Général
Messieurs les Conseillers Généraux
Monsieur le président de T.P.M.
Monsieur le Maire

 

Madame, Monsieur,


Comme chaque année ; la loi autorisera le 15 mars, le recours aux expulsions locatives.
La crise du logement, l’explosion des prix, la baisse du pouvoir d’achat, le niveau du chômage, la généralisation de la précarité, avec une augmentation très importante de salariés dit pauvres, plongent de plus en plus de familles dans l’insécurité sociale permanente.
Les spéculations foncières et immobilières aggravent encore cette situation dramatique. Le foncier public existe pour enclencher un véritable programme pluriannuel de réponse aux besoins en matière de logement. Ce sont environ 2000 logements sociaux par an qu’il s’agit de construire pour commencer à répondre aux besoins des populations.
Alors que le droit au logement est effectif par la loi DALLO, des centaines de familles, sont victimes chaque année de cette pratique inique, humiliante qu’est l’expulsion.
Il ne s’agit pas seulement de déclarer que le logement est un droit opposable, il faut que l’affirmation de cette volonté soit suivie de moyens politiques et financiers pour rendre effective l’intention politique. Si cela n’était pas le cas alors chaque concitoyen serait en droit de se poser des questions sur les véritables intentions !
L’expulsion ne saurait être une réponse digne du 21ème siècle, dans le pays des droits de l’homme. L’ensemble de la puissance publique a sa responsabilité engagé.


Pourquoi un pays comme la France ne pourrait il pas engager un vaste plan pluriannuel de construction de logements sociaux s’appuyant sur un véritable service public national du logement ?
Alors que l’argent existe pour sauver les banques et qu’en pleine crise les entreprises du CAC 40 ont dégager 45 milliards de dividendes pour leurs actionnaires.
Le représentant du pouvoir, les élus du peuple que vous êtes, ont des responsabilités particulières.
En déclarant la terre varoise, terre de solidarité où l’expulsion serait bannie, vous ferez un acte fort qui ne peut rester à la seule image du symbole. Il devrait être suivie de mesures particulières, solidaires, en convergence de tous secteurs pour mutualiser dans un premier temps les budgets solidarités et travailler à la recherche de solutions sur du moyen et long terme. Il devrait permettre d’engager une véritable démocratie en associant à cette démarche, l’ensemble des acteurs sociaux, économiques et politiques.
Dans notre pays, les moyens garantissant la dignité des personnes existent pour des règlements de situations difficiles. Tout doit être mis en oeuvre pour sauver l’humain, lui permettre de vivre digne et de s’émanciper.
La préfecture et les municipalités pourraient d’ores et déjà décider de prononcer des arrêtés antiexpulsion. Dans le même ordre d’idée, la région pourrait devenir réellement une Terre de Droit, une Terre de Toit. Les aides publiques données aux communes doivent être conditionnées à la réalisation au minimum des 20 % de logements sociaux comme la loi le prévoit.
Je soutien pleinement les initiatives engagées par le collectif départemental de lutte contre les expulsions locatives.
Combattre la misère dans les actes est une démarche d’émancipation pour la dignité humaine.


Cordialement


ALAIN BOLLA

Le 9/03/2011

Publié dans LOGEMENT

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